Le Bal des disparu-e-s

Dernier éclat de la Commune de Paris

Dès 10 ans / Durée estimée : 1h20 / Création octobre 2019


  • Mise en scène : Soizic de la Chapelle, Lisa Robert
  • Jeu : Arthur Baratin, Anthony Liébault, Camille Roy, Pierre-Damien Traverso, Lorine Wolff
  • Création lumière et technique : Lisa Robert
  • Ériture : Soizic de la Chapelle, à partir du travail de plateau et d’autres textes de divers auteurs-trices.
  • Graphisme, illustration : Adeline Debatisse
  • Diffusion : Helia Ronat-Mallié

Cette création se place dans le dispositif du compagnonnage avec l’Agence de voyages imaginaires (Marseille).


Résumé

20h. Le public attend dans le hall d’entrée du théâtre ou dans la rue, c’est selon. Dans un grand fracas arrive la tenancière : elle a des formes généreuses et une grosse brouette. « Allez allez, il faut décharger tout ça, on fait la chaîne ! Toi, apporte donc les carottes, directement sur le bar, pose-les à côté de la grosse marmite. Allez, on s’active ! » Les cageots circulent, de mains en mains. Sans trop s’en rendre compte, le public entre dans « La Marmite – restaurant coopératif depuis 1868 », les bras chargés de poireaux et de casseroles. Une fois le déchargement fait, il s’installe autour des tables et on lui sert à boire : voilà le public plongé dans notre histoire.

Notre histoire, c’est celle du dernier jour de la Commune de Paris : Dimanche 21 mai 1871. Imaginez : il est 17h, c’est la fin du concert aux Tuileries, organisé au profit des veuves et orphelins des gardes nationaux morts pour la Commune. Un homme crie : « Citoyens, Citoyennes, M. Thiers avait promis d’entrer hier à Paris. M. Thiers n’est pas entré ; il n’entrera pas. Je vous convie pour dimanche prochain 28, ici à la même place, à notre second concert au profit des veuves et des orphelins ! » Et pourtant. Les Versaillais viennent d’entrer dans Paris. Pas par une brèche, non. Par la porte de Saint-Cloud, délaissée par la Garde Nationale venue assister et jouer au concert des Tuileries, justement. Tout est fini. Le dimanche 28, personne ne sera au concert, et la Seine sera rouge. Tout est fini mais la fête bat son plein. Les communard-e-s trinquent et chantent si fort que leur bruit couvre celui des éperons qui sonnent et des sabres qui traînent sur le pavé.

Il ne s’agit pas de raconter toute la Commune de Paris, mais de plonger le public au cœur de ses dernières heures, entre la fête et la mort. Nous entrerons dans la grande Histoire à la façon de Victor Hugo : par la petite porte, par une petite intrigue quotidienne, par la vie de quartier, par des passant-e-s et des toasts portés.


Faut-il vraiment être riche et puissant pour laisser une trace dans l'histoire ? Les héros [de la Commune] étaient si pauvres qu'ils n'ont pas même laissé une pierre dans un cimetière.

Raphaël Meyssan, Les Damnés de la Commune